La Communauté de Saint Joseph à Gaillac

mardi 13 février 2018
par  Chantal de Cazanove

Sœur Joseph-Marie est la doyenne. Elle est née en 1920, en Provence, aux portes de Monaco. Fille unique, elle est allée à l’école chez les Dames de Saint-Maur. Elle a pensé très tôt à devenir religieuse, dès l’époque de sa première communion. L’idée a ensuite mûri, jusqu’à ses 19 ans où elle a décidé de rentrer au couvent, avec l’accord de sa mère, son père étant décédé quelques temps avant. Un prêtre qui a accompagné son cheminement dans la foi connaissait la Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition et lui en avait parlé. En 1939, année de la béatification d’Emilie de Vialar, sœur Jo a été faire un pèlerinage à Lourdes et y a rencontré les Sœurs de Saint Joseph.

Sœur Jo a d’abord été dans la Maison générale à Marseille. En 1942, elle a été envoyée à Tunis où elle a enseigné les mathématiques et le dessin. Au collège pour filles de Tunis, les Sœurs enseignaient à des élèves chrétiennes, arabes ou juives, dans un climat de paix qui a beaucoup marqué Sœur Jo. Mais les privations dues à la guerre ont fait que Sœur Jo est tombée malade et a dû rentrer en France en 1947. Elle est restée à Ambérieu-en-Bugey, près de Lyon, jusqu’en 1960.

Le 13 août 1960, elle est arrivée à Gaillac en même temps qu’une autre Sœur. Elles étaient alors 14 dans la Communauté et le collège comptait une centaine d’élèves. Peu après, les premiers rapatriés d’Afrique du Nord sont arrivés à Gaillac et le nombre d’élèves a augmenté. Pour Sœur Jo cela ces arrivées ont beaucoup développé Gaillac, favorisé l’ouverture et fait évoluer les mentalités. Sœur Joseph-Marie n’a plus quitté Gaillac depuis, enseignant les mathématiques, s’occupant de faire faire les travaux d’agrandissement du collège en 1968, avec la construction du bâtiment qui s’élève au-dessus du self. A cette même date, Saint Jo est devenu mixte avec l’arrivée de 6 garçons en classe de 6ème. Sœur Joseph-Marie a beaucoup participé à la vie de la paroisse. Elle a été très active jusqu’à une période assez récente. Sœur Jo sent encore beaucoup d’amitiés autour d’elle, de la part des professeurs, des parents qui qui sont parfois eux-mêmes d’anciens élèves, et de nombreux habitants de Gaillac.

 

Sœur Marie Pascale est originaire du Berry, elle est devenue religieuse à 21 ans. Elle a d’abord été à Marseille, comme Sœur Joseph-Marie, avant d’arriver à Gaillac, en 1965. Elle a été professeur de sciences naturelles au collège Saint Joseph de Gaillac.

Pour elle, la mission de la Congrégation est de témoigner pour révéler Jésus Christ par différents moyens. A Gaillac, cela se traduit par le catéchisme dans la paroisse, la culture religieuse dans l’établissement, la visite aux personnes âgées et aux malades.

 

Sœur Dorothy est Birmane, elle vient du Myanmar. Elle est religieuse depuis 1983. Elle vient d’une famille de 5 enfants, qui tous ont été à l’école et ont eu le Bac. Elle a commencé des études d’avocat, tout en travaillant dans un magasin pour payer ses études et aider sa famille. Mais, au bout de 2 ans, elle a ressenti sa vocation et a laissé ses études pour devenir Sœur. Au début, cela a beaucoup contrarié sa famille, même s’ils étaient chrétiens, et ils ne lui ont plus parlé pendant 5 ans. Mais ensuite cela s’est arrangé et la plus jeune sœur de Dorothy, Anna, a même suivi ses traces puisqu’elle est devenue religieuse à son tour dans la Congrégation de Saint Joseph de l’Apparition également. Anna vit aujourd’hui en Italie.

Au Myanmar, les Sœurs de la Congrégation accueillent les enfants en internat pendant la semaine, pour qu’ils puissent plus facilement aller à l’école d’état. Les Sœurs logent les enfants, les nourrissent, aident aux devoirs et donnent des cours particuliers. Les familles donnent ce qu’elles peuvent pour participer aux frais. Dans sa première communauté, à la maison provinciale du Myanmar, Sœur Dorothy s’occupait d’un élevage de poulets pour nourrir les 7 Sœurs et 70 enfants qui vivaient à l’internat. Depuis, elle a eu des nouvelles de ces enfants dont certains sont devenus prêtres ou religieuses à l’âge adulte.

En 1996, Sœur Dorothy a été envoyée en Tunisie, dans une des maisons fondées par Saint Emilie de Vialar. Elle travaille à l’école primaire avec des enfants de 8 à 11 ans. Au début, elle est seulement surveillante car elle ne connaît ni l’Arabe ni le Français. Ensuite elle donne des cours de chant et d’Anglais.

De 2000 à 2003, Sœur Dorothy est à Malte où les Sœurs s’occupent d’enfants qui ont perdu leurs parents ou vivent une situation familiale difficile : Sœur Dorothy a ainsi tenu le rôle d’une maman pour 8 enfants, âgés de 2 ans à 18 ans.

En mars 2003, Sœur Dorothy a été envoyée à Gaillac, cela va donc faire 15 ans cette année. A Gaillac, Sœur Dorothy a de nombreuses missions : elle visite les personnes âgées ou malades à l’hôpital ou la maison de retraite, elle accompagne les malades en pèlerinage à Lourdes, elle aide à l’association de l’Œuvre d’Emilie de Vialar. Pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer, elle va chercher les colis alimentaires à l’épicerie sociale et les leur apporte. Dans cette mission, elle est aidée par 1 couple et une autre personne qui donnent de leur temps en l’emmenant faire ses visites en voiture, car Dorothy ne conduit pas. Cette année, Sœur Dorothy a été nommée par l’Évêché d’Albi responsable de l’aumônerie pour l’hôpital et la maison de retraite. C’est un travail salarié à mi-temps, Sœur Dorothy se partage entre les sites de Saint André, Saint Pierre, Lauzeral et Saint-Exupéry. En plus de cela, elle est à l’accueil de l’établissement à certaines heures et doit bien sûr, comme les autres Sœurs, assurer son tour de cuisine, de ménage et participer à la vie de la communauté, sa famille.

 

Sœur Héléna est Birmane également. Elle vient d’une famille de 6 enfants. Elle est devenue Sœur en 2005, à 27 ans. Elle est la plus jeune de la Communauté. Elle est arrivée en France en 2013, pour apprendre le Français et faire des études sur Sainte Emilie. Elle est à Gaillac depuis 2014. Elle aide Dorothy pour la messe à Saint Jean, tous les samedis soirs, trois jours par semaine, elle va à l’école du Sacré-Cœur à Lisle-sur-Tarn où elle aide en maternelle. Dans la paroisse elle aide au catéchisme, mais pas encore toute seule car elle ne maîtrise pas assez le Français.

A son arrivée elle a trouvé les mentalités et les modes de vie très différents, par exemple l’alimentation… Elle a été étonnée aussi parce qu’au Myanmar, tous les enfants accueillis dans la communauté vont à la messe le dimanche et elle ne comprenait pas que ce ne soit pas obligatoire pour les élèves du collège. Sœur Marie-Pascale lui a expliqué qu’ici c’était différent et que les collégiens n’étaient pas obligés…Quand elle est à l’accueil de l’établissement, Sœur Marie-Pascale est avec elle et en profite pour lui donner des cours de français, l’entrainer à la lecture, lui expliquer la grammaire et les conjugaisons…

 

Sœur Emiliana vient du Guatemala. Elle est devenue religieuse à 20 ans, dans la capitale, à Ciudad Guatemala. Là, elle s’occupait de la catéchèse dans la paroisse et les écoles publiques et de la pastorale des jeunes, tout en finissant ses études de pédagogie à l’université. Au bout de 4 ans, elle a été envoyée dans une autre communauté des Sœurs, dans le Petén, au Nord du pays. Sœur Emiliana a du apprendre plusieurs dialectes pour pouvoir communiquer, en plus du sien, car tous ne parlaient pas espagnol. Dans le Petén, elle s’est occupée de la « promotion de la femme », ce qui consistait à encourager et favoriser la coopération, le commerce pour que les femmes puissent se débrouiller par elles-mêmes, être plus autonomes. En 1994 et 1995, dans la ville d’El Tejar, elle a travaillé dans l’éducation et dirigé le collège paroissial.

En 1996, elle a été envoyée en mission à Haïti, à Gonaïves, où elle est restée 9 ans, jusqu’en 2005. Emiliana et une autre sœur guatémaltèque sont venues en 1996 pour aider la sœur française qui vivait là. L’école fondée par les sœurs accueillait 1200 élèves qui étaient répartis en 3 groupes : certains venaient à l’école de 7hdu matin à 13h, le groupe suivant avait classe de 13h30 et 16h et, enfin, les enfants qui travaillaient pendant la journée, venaient en classe le soir, entre 16h30 et 21h. A l’école, il n’y avait que 6 heures d’électricité par semaine ! Il y avait également un centre de santé où travaillait une sœur péruvienne.

En février 2006, sœur Emiliana est arrivée en France, pour terminer ses études de théologie à l’université catholique de Paris.

J’ai demandé à Emiliana ce qui l’avait surprise ou frappée à son arrivée en France : en premier lieu le grand contraste entre la misère en Haïti et l’abondance et le gaspillage ici et aussi une autre façon de vivre la vie chrétienne, sûrement plus intensément là-bas.

Une fois ses études finies, en décembre 2008, sœur Emiliana a été envoyée à Gaillac. Les élèves la connaissent bien puisque, en plus de participer à la vie de la Communauté, elle assure des cours de culture religieuse au collège : 1 heure hebdomadaire en 6e et 5e, 1 rencontre mensuelle avec les 4e et 3e autour d’un thème, et elle fait la catéchèse dans la paroisse.


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